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Numéro Spécial de
la revue Africaine des Finances Locales
L’objectif
de cette étude était d’une part de réaliser
un état des lieux de l’accès des collectivités
locales à l’emprunt en Afrique Subsaharienne, et
d’autre part de proposer quelles étaient les voies
à explorer susceptibles d’améliorer la situation
actuelle.
L’étude a permis de mettre en évidence l’existence
d’un marché de collectivités locales africaines
pouvant intéresser aussi bien les institutions financières
publiques que les investisseurs privés.
Face à l’ampleur des besoins en investissements publics
locaux, les ressources financières des municipalités
restent très faibles. Elles réalisent par conséquent
de faibles volumes d’épargnes qui n’incitent
pas les agents financiers à leur consentir des prêts.
Par ailleurs, elles sont presque inexistantes sur les marchés
financiers, en raison non seulement de l’insuffisance de
leur épargne mais aussi en raison du coût élevé
de l’opération. Aussi les gouvernements érigent-ils
des règles très strictes en matière d’emprunts
sous souverains par crainte d’indisciplines budgétaires
pouvant engendrer des déséquilibres économiques.
Le constat de l’état des lieux est que la plupart
des institutions financières spécialisées
mises en place pour financer l’investissement public n’ont
quasiment jamais rempli leurs objectifs. Mis à part ces
institutions financières spécialisées et
l’expérience positive de l’Afrique du Sud,
les autres expériences d’accès à l’emprunt
restent marginales.En conséquence, l’emprunt joue
un rôle mineur dans les investissements locaux en Afrique.
Le marché des entités décentralisées
africaines n’intéresse pas, sinon pas encore les
agents financiers. Pour contribuer à inverser la tendance,
nous avons identifié quelles pourraient être les
moyens à développer.
Il apparaît que l’accès direct des collectivités
locales à l’emprunt par le marché obligataire
et le financement par les banques de développement sont
des options méritant d’être développées.
L’accès au marché financier, même s’il
est une voie exigeante, est prometteur et adapté au financement
des infrastructures publiques locales. Quant au financement par
les banques de développement il s’avère intéressant
notamment au regard de la mission de développement du secteur
public assignée à ces institutions financières
(à travers la mise en place d’infrastructures urbaines
et rurales et de lutte contre la pauvreté) et par conséquent
au regard de l’appui qu’elles peuvent apporter aux
collectivités locales dans l’atteinte des OMD. De
plus ces institutions sont en mesure d’accorder des prêts
à long terme à des taux bas. Rappelons cependant
que ce financement ne sera possible que lorsque des mécanismes
de garanties et de sûretés seront mis en place par
les Etats, les organismes de garantie, les partenaires au développement
et les collectivités elles-mêmes. Biram
Owens N’Diaye, secrétaire éxécutif
du PDM.
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